Salpingite
Qu'est-ce que la salpingite ?
Les trompes utérines ou de Fallope sont deux conduits, un à droite, l'autre à gauche, qui se prolongent en dehors de l'utérus et s'étendent vers l'ovaire situé du même coté. Elles constituent avec les ovaires, les annexes de l'utérus. Leur rôle essentiel est de livrer passage aux spermatozoïdes provenant de la cavité utérine afin qu'ils puissent féconder les ovules dans le tiers externe, puis de transporter l'ovule (fécondé ou non) vers la cavité utérine. Les trompes jouent un rôle capital dans la fonction reproductive. Un trompe mesure en moyenne de 10 à 12 cm.
La salpingite est une infection des trompes de Fallope. Cette maladie, qui peut passer inaperçue, est l’une des principales causes évitables de stérilité.
L'infection des trompes est habituellement causée par une infection sexuellement transmissible (IST) : le chlamydia et les gonocoques sont actuellement les grands responsables des nombreux cas de salpingites, conséquences de relations sexuelles non protégées. On estime que de 70 à 80 % des stérilités d’origine tubaire sont attribuables aux chlamydiae.
La salpingite est-elle fréquente ?
Comment se transmet la salpingite?
Les microbes responsables de la salpingite peuvent se transmettre par les rapports sexuels via l’échange de liquides biologiques au contact des muqueuses génitales, orales ou anales. Ce qui veut dire que la chlamydia est transmise principalement par la pénétration vaginale ou anale non-protégée et/ou par le sexe oral (fellation). Elle peut aussi se transmettre de la mère à son bébé lors de la naissance. Elle est rarement transmise par cunnilingus.
Ces bactéries, qui se transmettent lors de rapports sexuels non protégés, se multiplient dans l’appareil génital. Non traités, les germes remontent vers l’utérus pour envahir les trompes et déclencher une salpingite. Il faut en moyenne de deux à trois semaines aux microbes non traités pour remonter jusqu’aux trompes.
Quels sont les symptômes de la salpingite ?
La salpingite peut se manifester par des douleurs assez violentes, de la fièvre et des pertes, ce qui amène à consulter rapidement et à traiter. Mais, chez certaines femmes, elle peut évoluer très discrètement sans provoquer de signes évocateurs pendant des mois, voire des années. Cette forme dite chronique est assez redoutable, car les dommages sont alors plus importants.
Symptomatologie
- Douleurs abdominales récentes uni ou bilatérales (un ou les deux côtés), parfois intenses, irradiant vers le bas du dos, les cuisses, les organes génitaux externes ;
- Syndrome infectieux : fièvre souvent élevée avec ou sans frissons; le plus souvent l'état général est conservé ;
- Leucorrhées (pertes vaginales) abondantes et jaunâtres (parfois purulentes) ;
- Parfois métrorragies (saignements excessifs) ;
- Signes fonctionnels urinaires : urine turbide (pus dans l’urine), brûlures mictionnelles ;
- Signes d'irritation péritonéale (bas du ventre) discrets : nausées, ballonnement, constipation.
Comment la salpingite est-elle diagnostiquée ?
Dans le meilleur des cas, on réussit à détecter l’infection quand elle se situe encore au niveau du col de l’utérus, lors d’un examen gynécologique de routine. Mais, plus souvent, on ne découvre l’infection que lorsqu’elle a déjà attaqué une, voire les deux trompes.
Pour diagnostiquer la salpingite, un examen gynécologique classique suffit parfois, mais certains cas plus « silencieux » nécessitent
- une échographie ;
- une radiographie ;
- parfois même une laparoscopie, sous anesthésie générale, pour visualiser directement les trompes.
Y a-t-il un traitement de la salpingite ?
Le traitement de la salpingite repose sur la prise d’antibiotiques pendant parfois plusieurs semaines selon le germe en cause. Le partenaire devra bien évidemment être également traité. Le médecin veille aussi à assurer une bonne cicatrisation des trompes et c’est pourquoi des anti-inflammatoires sont souvent associés au traitement antibactérien. Une femme n’est jamais immunisée contre la salpingite : elle peut en contracter plusieurs au cours de sa vie.
Son traitement peut exiger une hospitalisation et une thérapie antibiotique intraveineuse. Dans les cas moins graves, une thérapie antibiotique par voie orale peut suffire.
Qu’arrive-t-il si je ne traite pas la salpingite ? Est-ce dangereux ?
Les trompes altérées par une salpingite risquent de ne plus pouvoir jouer leur rôle, qui est essentiel. C’est en effet dans les trompes que se rencontrent l’ovule et le spermatozoïde et c’est aussi dans la trompe que se produisent les premières divisions de l’œuf avant qu'il n'aille nicher dans l’utérus. L'infection a pour effet de boucher les trompes ou d'en modifier les parois, multipliant les risques d’avortement spontané ou de grossesse extra-utérine.
Une femme qui a déjà eu une salpingite a d'ailleurs un risque de grossesse extra-utérine multiplié par six. Mais, parmi les conséquences de la salpingite, c’est l’infertilité qui occupe le premier rang. La salpingite est fréquemment découverte à posteriori lors d’un bilan médical pour infertilité, ce qui confirme la fréquence de l’évolution « silencieuse » de cette maladie.
Plus une femme a souffert fréquemment de cette infection, plus le risque de stérilité est grand : après un épisode, le risque est d’environ 15 %. Après deux, le risque double à 30 % et il atteint 60 % chez les femmes qui ont eu trois salpingites ou plus.
Qui est susceptible d’attraper une salpingite ?
- Les femmes qui ont plus d’un partenaire sexuel ;
- Les femmes dont le partenaire a d’autres partenaires sexuels ;
- Les femmes qui n’utilisent pas de préservatif ;
- Les femmes qui ont souffert une ITS dans le passé ;
- Les femmes qui ont été abusées sexuellement ;
- Les femmes qui ont moins de 25 ans ont le plus haut taux d’infection à chlamydia. Celles-ci doivent subir un test pour la chlamydia, même en absence de symptômes ;
- Quand le DIU (dispositif intra-utérin, ou stérilet) est mis en place : le risque de salpingite existe pendant les semaines suivant l'insertion. Un test de dépistage des ITS au cours du mois précédant la mise en place, diminue les risques de salpingite ;
- Quand vous ou votre partenaire avez un(e) autre partenaire sexuel pouvant vous transmettre une ITS.
Les femmes qui contractent une infection à chlamydia alors qu’elles ont un stérilet sont plus à risque de développer une maladie pelvienne inflammatoire (MPI), parce que la bactérie a un accès direct au tractus génital supérieur. C’est pour cette raison que le stérilet n'est recommandé qu'aux femmes en relation monogame.
Il faut savoir que les changements fréquents de partenaires exposent davantage les femmes aux chlamidiae et aux gonocoques, principaux germes en cause dans la salpingite. Le port du préservatif avec de nouveaux partenaires offre une bonne protection pour toutes les ITS. Faute d’avoir utilisé le condom, et s’il y a eu un changement de partenaire, il est recommandé de faire pratiquer un test de dépistage par son médecin avant de passer aux relations sexuelles non-protégées, et dès qu’il y a le moindre symptôme d'infection transmissible sexuellement.
Le dispositif intra-utérin (DIU, ou stérilet) et la salpingite : Quand on utilise un DIU, le risque de salpingite existe dans deux situations précises :
- Au moment où le DIU est inséré dans votre cavité utérine par votre médecin, et dans les semaines suivant son insertion. Le risque n'est pas relié à l'insertion elle-même, mais à la possibilité que vous ayiez déjà une infection asymptomatique au moment de l'insertion. Un dépistage d'ITS est habituellement effectué durant le mois précédant l'insertion du DIU, ce qui diminue significativement le risque de salpingite.
- Lorsque vous ou votre partenaire sexuel avez un(e) partenaire sexuel(le) dont vous ignorez s'il(elle) a une ou des ITS. Tout nouveau partenaire sexuel devrait passer un dépistage ITS avant que vous n'ayiez des rapports sexuels non protégés, dans le but de réduire les risques de salpingite associés à votre DIU.
Comment une femme avec une salpingite peut-elle éviter de la transmettre ?
- En informant ses partenaires sexuels (le médecin ou le département de santé publique peut aider à contacter les partenaires et à les traiter) ;
- En n'ayant pas de relations sexuelles (incluant le sexe oral) avant que le traitement ne soit complété, c'est-à-dire au moins 7 jours ;
- En s'assurant que tous les partenaires soient testé(e)s et traité(e)s en même temps, brisant ainsi la chaîne de transmission et protégeant des risques de re-contamination ;
- En utilisant un condom qui offre une bonne protection lorsqu’il est bien utilisé et ce, de façon systématique ;
- En demandant des examens de dépistage régulièrement si elle a plusieurs partenaires.
Comment puis-je éviter de contracter la salpingite ?
La prévention de base : avoir des relations sexuelles protégées, c'est-à-dire utiliser le condom. Évidemment, le mieux est de bien connaître son partenaire. Le port du condom n'offre pas une garantie à 100 %, mais il protège suffisamment pour éviter de nombreux problèmes.
- Utilisez un condom (masculin, féminin, ou une digue dentaire lors de sexe oro-génital) en tout temps et avec tous vos partenaires ;
- Faites-vous régulièrement dépister pour les ITS - discutez de la fréquence avec votre médecin ;
- L’abstinence sexuelle ou une relation sexuelle monogame avec un partenaire connu n’ayant aucune ITS est un moyen efficace de prévenir la chlamydia et la gonorrhée, ainsi que les autres ITS.
Le meilleur moment pour passer un dépistage : après trois mois de relation stable (si on veut cesser d'utiliser le condom) et dès le moindre symptôme d'ITS (pertes vaginales anormales et saignement après les relations sexuelles). En cas de doute, n'hésitez pas : un dépistage vous donnera l'heure juste !
Texte : Dr Robert O'Brien
Links and References
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Cas déclarés et taux de ITS à déclaration obligatoire
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Centre de ressources et d'intervention en santé et sexualité (CRISS)(514) 855-8991. Services offerts: Information, femmes, groupes mixtes hétérosexuel, ligne info-sida ITSS, mères.
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Español-Enfermedad inflamatoria pélvica (EIP)- Hoja informativa de los CDCEspañol-Enfermedades de transmisión sexualDepartamento de Salud y Servicios Humanos
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Ligne d’écoute et d’information sur les ITS(514) 855-8995
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Numéros de téléphone provinciaux et territoriaux des lignes secours des ITS/VIH/sida

